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La Salle 2, rue Saint Maximin F-57070 METZ 03 87 200 200 |
Les Mosellans et les Alsaciens sont soumis à un droit particulier : le droit local. Les étudiant de B.T.S. Action Commerciale à De La Salle Metz et leur professeur, Bernard ZAHRA, ont voulu rendre ce droit, mal connu, accessible à tous. |
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Proposer
un sujet susceptible d'entraîner l'adhésion d'une classe, de
mobiliser sa capacité d'initiative, d'optimiser l'organisation
du travail de groupe, a justifié le choix du thème: "La
Moselle et le droit local alsacien-mosellan".
Il s'agissait sans prétention exhaustive de faire en quelque
sorte un état des lieux par une recherche et une enquête de
terrain mettant à contribution les experts en la matière,
garantie du sérieux et de la crédibilité du travail entrepris.
Collecter l'information, solliciter les professionnels, mettre en
forme, soumettre le résultat à l'approbation de l'Institut du
Droit Local de Strasbourg : toutes ces démarches répondent aux
exigences d'une méthode pédagogique rigoureuse, propre à
familiariser les étudiants aux règles de leur activité
professionnelle future.
Une entreprise qui suppose patience et persévérance trouvera sa
récompense dans l'intérêt croissant suscité par la
découverte des dispositions d'un droit local, souvent perçu par
méconnaissance comme une survivance archaïque et désuète,
séquelle de l'histoire d'un département durement marqué par
les épreuves subies.
Mieux qu'une parenthèse marginale et anachronique, le droit
local alsacien-mosellan présente dans bien des domaines un
intérêt dont le droit général pourrait s'inspirer.
Porter à la connaissance des usagers et des praticiens ces
règles particulières est l'objectif de la classe de Brevet de
Technicien Supérieur action commerciale à De La
Salle, bien convaincue que la diffusion de son travail confirmera
que le droit local en Moselle est bien vivant et... qu'il a un
bel avenir devant lui.
Bernard ZAHRA
Professeur de droit à De La Salle Metz

Historique (par l'Institut du Droit Local alsacien-mosellan de Strasbourg)
Depuis les
traités de Westphalie de 1648, l'Alsace et les trois Evêchés
de Metz, Toul et Verdun étaient rattachés au Royaume de Louis
XIV. La guerre de 1870 opposant la France de Napoléon III au
Royaume de Prusse aboutit à la défaite des armées françaises.
Le Traité de Francfort de 1871 céda à l'Allemagne, l'Alsace,
une partie des départements de Moselle, de Meurthe et des Vosges
: ces territoires allaient être appelés par le nouvel Empire
allemand, Alsace-Lorraine ("ElsassLothringen").
En 1911, l'Alsace-Lorraine, considérée comme "terre
d'Empire" ("Reichsland"), a obtenu une autonomie
constitutionnelle et administrative et a été dotée d'une
chambre de représentants de la population.
En 1918, ces territoires sont revenus dans la souveraineté
française, avant d'être à nouveau annexés par l'Allemagne
nazie de 1940 à 1944.
Pendant les 47 années d'annexion entre 1871 et 1918, l'Allemagne
a introduit progressivement ses lois, tout en maintenant
certaines règles anciennes du droit français.
Après 1918, le législateur a à son tour introduit le droit
français, par deux lois du 1er juin 1924, mais en laissant en
vigueur de nombreuses dispositions de droit local, d'abord à
titre provisoire, puis de manière durable.
Le droit français général a été également étendu à
l'Alsace et à la Moselle soit par l'abrogation expresse des
règles locales, soit par l'abrogation tacite de textes locaux,
devenus caducs ou contraires aux lois nouvelles.
Le droit local, de son côté, a inspiré le législateur
français dans plusieurs domaines, ce qui a permis d'harmoniser
les règles applicables sur l'ensemble du territoire national.
Toutefois, le maintien en vigueur d'un grand nombre de
dispositions locales atteste de l'attachement des Alsaciens et
des Mosellans à "leur" droit.
LA
PHARMACIE EN ALSACE-MOSELLE : en même temps que se mettait en
place un système de protection sociale dans les années 1880,
l'implantation des pharmacies était réglementée sur des
critères démographiques.
Au début du siècle, les nouvelles pharmacies étaient des
concessions d'Etat dont on retrouve le modèle au Grand-Duché de
Luxembourg. Alors que l'ouverture des pharmacies était libre
dans les autres départements, le gouvernement français
maintenait le régime alsacien-mosellan après le rattachement
des trois départements à la France en 1918.
Cette situation allait perdurer jusqu'en 1945, lorsque le
législateur français introduisit dans le Code de la Santé
publique le principe d'une autorisation administrative pour
l'ouverture de nouvelles pharmacies, maintenant des critères
particuliers pour nos trois départements.
Notre statut, plus que centenaire, correspond à la densité
moyenne des pharmacies dans l'Union Européenne.
(D'après la Chambre Syndicale des Pharmaciens de la Moselle)
Article L.571 du Code de la Santé publique : aucune création
d'officine ne peut être accordée dans les villes où la licence
a dé)'à été délivrée à : une officine pour 3 000 habitants
dans les villes d'une population de 30 000 habitants et au-dessus
; une officine pour 2 500 habitants dans les villes d'une
population égale ou supérieure à 5 000 habitants et
inférieure à 30 000 habitants.
Article L.572 du Code de la Santé publique : par dérogation aux
dispositions de l'article L.571 aucune création ne peut être
accordée dans les départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de
la Moselle dans les villes où une licence a déjà été
délivrée à une officine pour 5 000 habitants.
Le
régime des cultes représente une curiosité typiquement locale.
Là aussi, il existe des dispositions bien particulières :
- Les dispositions sur l'inauguration d'une
école en Alsace-Moselle : toute
inauguration d'une école maternelle ou élémentaire est
traditionnellement accompagnée d'une brève prière de
bénédiction. Pour les écoles confessionnelles catholiques, les
croix sont suspendues dans les salles de classe par les
représentants de la municipalité.
- Les dispositions du code pénal allemand
toujours applicables en Alsace-Moselle :
l'article 167 stipule que toute personne ayant empêché
l'exercice du culte d'une communauté religieuse sera punie d'un
emprisonnement de trois ans au plus (délit correctionnel). Si
cette perturbation du culte a lieu ailleurs qu'en Alsace-Moselle,
elle est considérée comme une simple contravention passible
d'une amende.
Autres
éléments du paysage local qui méritent quelques précisions
: Les ventes aux enchères publiques lorsqu'il s'agit d'un
immeuble. Le notaire chargé de la vente (il n'y a pas de
commissaire priseur en Alsace-Moselle) indique la mise à prix.
Les enchères étant faites et touchant à leur fin, le notaire
allume successivement trois petites bougies appelées
"feux" dont la durée de combustion est d'environ une
minute. Lorsque le troisième feu s'éteint, le dernier et plus
fort enchérisseur est déclaré adjudicataire.
On peut souligner qu'il existe deux traditions festives fortement
ancrées à l'Est de la France et donc en Moselle :
- Le jour de la Saint Nicolas
: Evêque de Myre (Turquie), Saint Nicolas est réputé pour ses
nombreux miracles qui lui valent une immense vénération d'abord
en Orient, puis ensuite en Occident. En Moselle, chaque 6
décembre, Saint Nicolas repaît les enfants de pain d'épice.
Selon la légende, Saint Nicolas a sauvé trois bambins qu'un
méchant boucher avait découpés et mis à saler. Aujourd'hui,
Saint Nicolas fait donc office de Père Noël en distribuant
friandises et aussi jouets. Il est néanmoins accompagné du
"Père Fouettard" qui est chargé de punir à l'aide
d'un martinet, les garnements de leur mauvaise conduite.
- Le lièvre de Pâques
: depuis le XVIe siècle, le lièvre de Pâques apporte des oeufs
aux enfants de Moselle. Pourquoi le lièvre ? Parce que le
lièvre est connu pour être un prolifique reproducteur,
c'est-à-dire un prometteur de richesse et de prospérité dans
une société autrefois rurale qui craignait les disettes et la
stérilité.
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Ce livre est en vente dans les librairies et aux Editions Fensch-Vallée, 9 rue Foch, 57240 KNUTANGE (téléphone 03 82 84 22 95, télécopie 03 82 85 57 31). Les droits d'auteur sont versés à des oeuvres humanitaires.