Le Maître Chrétien selon Saint Jean-Baptiste De La Salle
(Récit de Frère Emile NOIREZ, Maison De La Salle
METZ)
Le rôle du Maître
Chrétien, sa grandeur, son importance, Jean-Baptiste De La Salle en témoigne par
l’engagement de sa vie entière (nous l’avons vu), les renoncements qu’il a
consentis, sa fidélité à son engagement.
Mais
il l’a exprimé aussi dans ses lettres aux Frères, et davantage encore en leur
proposant des Méditations pour les Dimanches et Fêtes, et aussi pour le "temps
fort" de la Retraite spirituelle que font les Frères pendant les congés
scolaires. Ces "Méditations pour le Temps de la Retraite" (MTR), il les adresse
aussi "à toutes les personnes qui s’emploient à l’éducation de la jeunesse"
ainsi qu’il s’exprime dans la préface de ces textes.
A travers ces écrits, comment le "Maître chrétien" apparaît-il aux yeux de
Jean-Baptiste De La Salle ?
Il le considère comme le "coopérateur de J.C. au salut des âmes" (3ème MTR).
Dieu qui veut que "tous les hommes parviennent à la connaissance de la vérité"
(1ère MTR), choisit les Maîtres comme "les ambassadeurs et ministres de
Jésus-Christ" dans leur emploi (3ème MTR).
Et comme chacune de ces Méditations en appelle une autre, Jean-Baptiste De La
Salle y indique les moyens pratiques pour devenir "coopérateurs",
"ambassadeurs", "ministres de Jésus-Christ" et "anges gardiens" des élèves (5ème
MTR).
Jean-Baptiste De La Salle va jusqu’à écrire que "vous devez regarder votre
emploi comme une fonction des plus considérables et des plus nécessaires dans l’Eglise"
(7ème MTR) et "vous pouvez dire que vous faites la même chose que Saint Paul".
Des textes forts, surtout si l’on songe aux maîtres du 17ème siècle !
Aussi Jean-Baptiste De La Salle envisage-t-il comme naturel que le maître
déploie "un grand zèle dans sa fonction" (9ème MTR) pour éduquer chrétiennement
les élèves.
Suivent deux Méditations qui nous font pointer l’oreille dans le contexte
actuel… : "de l’obligation de reprendre et corriger les fautes que commettent
ceux qui ..." (11ème MTR). Il n’hésite pas à citer, à l’appui, des exemples
bibliques de correction : le prophète Nathan envers le roi David, Saint Paul
envers son disciple Timothée. Il tire de ces exemples les qualités nécessaires à
l'efficacité d'une bonne correction : la réflexion avant d’agir, la prière
préalable, la participation psychologique de l’élève à corriger.
Et si le Maître devra rendre compte à Dieu de la manière de remplir sa fonction
(13ème et 14ème MTR), quelle récompense il peut en attendre dès cette vie déjà
(15ème MTR) : le bon Maître dont les élèves pourront dire "qu’ils sont son
ouvrage en Notre Seigneur". Il ressentira "une grande consolation de ce que ces
enfants que vous instruisez se conduisent sagement" (15ème MTR).
Mais plus encore la récompense éternelle lorsque leurs élèves les désigneront
comme "les serviteurs du grand Dieu qui nous ont annoncé la voie du salut"
(16ème MTR).
De quoi se réjouir devant une telle évocation !
De quoi se sentir animer à la fois d’enthousiasme et de zèle !
