Au Mexique, à El Salto Avec six jeunes et deux profs de mon établissement scolaire, me voici à El Salto au Mexique. Nous partons à la rencontre des gens de la montagne. Le SEMIL, Service Missionnaire Lasallien, s'est donné comme objectif, la rencontre de jeunes européens avec des jeunes des pays en voie de développement. Les deux premiers jours, nous faisons connaissance avec les jeunes volontaires mexicains. Le matin suivant, nous partons pour cinq jours dans différents villages de la montagne, munis d'un minimum de vivres et de vêtements. Nous arrivons à Campana. Nous nous rendons par deux dans une famille que Céci connaît bien et nous partageons les frigeoles (haricots blancs bouillis et frits) et les tortillass (galettes de maïs) avec la jeune fille de la maison/ Puis nous nous installons dans une petite salle attenante à l'église, et nous constatons qu'il n'y a ni eau courante, ni toilettes à proximité. Je comprends alors que je ne vais pas pouvoir me laver pendant cinq jours et à ce moment précis, cela me paraît insurmontable ! Un seau rouge rempli d'eau En sortant de la salle, je vois un robinet sur le mur de l'église : zut, rien ne coule ! En plus, ça n'a pas l'air de gêner les jeunes, à part Marc, l'autre Français qui est même prêt à rentrer à pied à El Salto. Un peu plus tard, je vois arriver Céci avec un seau rouge rempli d'eau : Merci Céci ! Puis au fond de la sacristie, je trouve une cuvette en émail blanc, peut-être pour les baptêmes, cela nous fera une magnifique salle de bains. Maintenant il ne reste plus que le problème de l'espagnol : ce n'est pas avec les quelques expressions que j'ai apprises que je peux écouter ces familles ! Il va falloir trouver une solution. Je crois qu'Argélia parle anglais. Le lendemain, les Frères Lorenzo et Christian viennent nous rendre visite. Nous arrivons à exprimer notre malaise : Christian parle bien l'anglais et restera avec nous. Nous passons la matinée suivante à visiter les familles qui vivent dans les maisons très simples, le plus souvent en bois, composées de deux pièces, sans eau courante, mais dont le coeur de la pièce est occupé par un petit poêle à bois qui brûle toute la journée et qui sert à faire la cuisine. Nous invitons les enfants à venir jouer à l'église l'après-midi. Le partage autour du feu On sonne la cloche. Les enfants arrivent de tous les coins du village. Je suis étonnée de constater que ces enfants ne savent pas faire un puzzle, mais ne se disputent pas s'ils sont à six sur le même jeu. Le lendemain, nous partons toute la journée en pique-nique, et les enfants jouent au béret ou à l'épervier durant deux heures sans se chamailler. Vers 14 H, heure habituelle du déjeuner, nous voyons les mamans arriver avec les marmites et le tortillas au milieu de la forêt, à une heure de marche du village, c'est l'occasion d'un grand moment de partage autour du feu. Nous nous mettons à chanter dans les deux langues et nous apprenons : "Sidi aye aye youpi aye." Ils adorent ! Pour garde un souvenir de cette mission avec les Français, Céci a fait fabriquer une grande croix et trois petites croix à la scierie de Campana et le dernier jour, chacun y a laissé sa marque : la grande croix a trouvé sa place dans la chapelle, et chacun de nous en a reçu petite. Puis les petites filles m'ont appris à jouer à Limon, un jeu pour apprendre à compter en espagnol, et je vous assure que j'ai fait des progrès ! Christine Jacquot