TOUS LES CHEMINS MENENT A ROME Comme beaucoup de groupes de jeunes, le petit noyau de l'équipe SEMIL-EDDE (Service Missionnaire Lasallien - Education et Développement) de l'Institution avait répondu positivement aux JMJ d'août 2000 à Rome. Sept jeunes : Joëlle, Aurélie, Julie, Sébastien, Edmond, avec deux invités Africains, Dominique et Assita prenaient la route de Laxou et Lyon le mardi 8 août. Deux cars de jeunes rémois du Pensionnat du Sacré-Coeur sont passés par la Lorraine nous prendre ainsi que l'équipe de St-Jo, avant de filer sur Lyon. Première étape de notre périple: le lycée des "Lazaristes" 100% lasallien malgré l'appellation, s'était mis en quatre pour nous accueillir ainsi que les 400 autres jeunes lasalliens de France avec quelques Africains, Libanais et Malgaches. Une soirée-présentation le soir même, un rallye dans Lyon le lendemain convergeant au Parc de la Tête d'Or pour faire connaissance et nous étions prêts à célébrer ensemble le sens jubilaire de notre voyage. Jeudi 10, nous passons les Alpes par le tunnel du Fréjus pour rejoindre Turin comme les 10000 autres jeunes de Lyon, de Pologne, du Mexique ... Les passagers de chaque car étaient hébergés dans une paroisse turinoise ou proche. En fin d'après-midi notre car arrive à la paroisse Santa Catarina di Siena près du stade de la Juventus. Le curé et ses paroissiens nous ouvrent chaleureusement leurs locaux avec douches spécialement aménagées pour notre accueil. Un certain nombre d'entre nous furent hébergés dans les familles. Célébration d'accueil pour tous les Jeunes arrivés à Turin présidée par l'évêque, au palais des Congrès le vendredi-matin et pèlerinage au Saint-Suaire l'après-midi, spécialement exposé pour les JMJ et l'année jubilaire. Itinéraire bien aménagé et excellente vidéo présentant les marques du suaire. Visite de la ville avec nos hôtes, messe dominicale à la paroisse. Quatre jours de grande proximité avec nos Turinois très dévoués. Lundi 14, de grand matin, on recharge le car pour avaler les 700 km qui nous séparent de Rome en contournant Milan, Bologne et Florence. Le soleil est brûlant, avant-goût de ce qui nous attend ! Après un premier barrage de repérage près du périphérique de Rome, nous entrons facilement dans la via Aurelia pour atteindre la Maison-Mère des Frères. Accueil dans les gymnases de l'Ecole du quartier ou en chambres pour les veinards! Le lieu est idéal, à 3 km du Centre-ville et près d'une station de métro. Mardi 15, nous commençons par une célébration d'accueil par le Frère Supérieur Général, nouvellement élu, pour les 1200 Jeunes Lasalliens des JMJ, hébergés, ici, au Centre International des Frères. L'après-midi, Jean-Paul II ouvre les journées romaines des JMJ sur la Place Saint-Pierre. Nous préférons faire un tour de reconnaissance dans la vieille ville autour du Panthéon et de la Fontaine de Trévi. Le lendemain, mercredi 16, nous partons avec le groupe des Parisiens de Buzenval et celui de St-Genès de Bordeaux pour la journée jubilaire. A partir du Château St-Ange, nous avançons vers la via della Conciliazione, marche ponctuée de textes bibliques et de prières un peu difficiles à intérioriser dans le brouhaha des rues. Quelques arrosages et un point d'eau sont les bienvenus pour surmonter les 40° qui nous dessèchent. La Place Saint-Pierre est balisée pour canaliser les milliers de jeunes qui s'avancent vers la Basilique. Il nous faut près de deux heures sous un soleil de plomb avant de pouvoir passer la Porte Sainte du Jubilé, pressés de toutes parts. Une fois dans St-Pierre, nouvelles barrières et guère le temps de s'arrêter pour admirer ou prier dans le flot des pèlerins. On se perd quelque temps pour se retrouver ensuite et partir prendre le repas au Circo Massimo dans la foule et la poussière. Une partie du groupe trouve encore le courage de participer à la messe dans le cirque poussiéreux en plein soleil en milieu d'après midi. Nous décidons d'aller voir les thermes de Caracalla, tout proches qui nous permettent de faire une sieste bien appréciée. Les deux jours suivants, jeudi 19 et vendredi 20 sont plus classiques : catéchèse le matin , à l'église du Christ-Roi où nous retrouvons des Français, suivie de l'Eucharistie. Le pique-nique est servi à un carrefour proche, un point-repas, parmi les centaines d'autres, où on distribue un paquet de 6 repas sur présentation de 6 tickets. Il n'y avait rien de trop dans la petite assiette en plastique, sans fruits, ni crudités ! Puis nous nous sommes séparés par petits groupes au gré des désirs. Avec Michel et Joëlle, je suis allé à St-Paul-hors-les-Murs, là où Paul fut décapité et enterré. Moment d'émotion de se trouver sur les lieux mêmes où le plus ardent des Apôtres a vécu, parlé et donné sa vie tout comme Pierre au cirque de Néron après avoir été enchaînés tous les deux à la prison Mamertine près du Forum. C'est avec quelques appréhensions que nous partons samedi aux aurores pour le grand rassemblement de TOR VERGAT, aux portes de la ville. 350 hectares d'espace vert ont été quadrillés pour accueillir les deux millions de jeunes annoncés. Sans trop de problèmes, les rames du métro A déversent les flots de jeunes toute la matinée au terminus de la ligne. La longue file se met en route, bannières au vent et chacun reçoit la boîte en carton des 4 repas à venir. Ajoutez-y le ou les sacs à dos avec tout ce qu'il faut pour passer la nuit, plusieurs bouteilles d'eau et pour quelques -uns la bannière du groupe, ceci sur 6 km en plein midi !!! Grosse déception quand on arrive vers 13h00. Notre secteur aux premières loges a été occupé par des groupes plus matinaux que nous. Nous trouvons à peine de la place pour nous asseoir et manger. On est dispersé, fatigué, le moral est au plus bas. Heureusement des "explorateurs" de notre groupe nous annoncent qu'il y a de la place plus loin. On déménage pour se retrouver à un km environ du podium mais dans des conditions plus agréables : on respire, on peut étaler les sacs de couchage et le groupe est rassemblé. ouf ! Vers 20H00 le Pape arrive en hélicoptère, fait la traversée du campus en papamobile pour aller saluer les handicapés proches de notre lieu. La grande veillée commence avec l'évocation des Martyrs de Rome suivis de ceux du 20e siècle. De jeunes Italiens nous donnent des témoignages percutants. Le Pape nous laisse quelques paroles fortes : " Notre rencontre est une sorte de laboratoire de la foi.. Croire en Jésus exige de prendre position pour lui et il n'est pas rare que ce soit comme un nouveau martyre." " Je vois en vous les sentinelles de la foi dont parlait le prophète Isaie." "vous êtes venus ici pour affirmer que dans le nouveau siècle, vous n'accepterez pas d'être des instruments de violence et de destruction." " De nouveau la preuve est donnée que la foi peut changer et transformer les coeurs." Il y a aussi des moments de chants et d'expression corporelle, où Jean- Paul II, souriant, accompagne les Jeunes Qui battent des mains. " Merci pour ce dialogue, merci pour votre intelligence. Je retoune chez moi, ce soir, rajeuni. Un grand feu d'artifice termine la veillée. Certains dorment déjà, d'autres continuent à échanger ou à chanter. On se glisse dans le sac de couchage moite par la forte humidité qui monte du sol apportant une fraîcheur surprenante que nos minces duvets n'arrêtent pas. L'immense camp reprend vie dès les premières lueurs de l'aurore. Le soleil sèche bien nos affaires. Le petit-déjeûner est vite avalé. Dès 8H30, le Saint- Père est là pour la messe de clôture plus difficile à suivre : le soleil est accablant, la retransmission en français sur radio s'arrête au milieu de la messe, le passage incessant des jeunes et les ambulances soulèvent des nuages de poussière, à chaque fois. Alors vous comprenez que nous avions hâte de quitter les lieux sans tarder. Ce que nous faisons après la communion. Bien nous en a pris, car malgré cette avance, nous avons quand même attendu plus d'une heure aux escaliers de l'unique station de métro. Les entrées étaient heureusement contrôlées pour éviter des bousculades dangereuses dans les couloirs et sur le quai. Nous étions de retour via Aurelia vers 15H00 pour prendre une bonne douche et manger. A 17H00 nous quittons Rome, fatigués mais heureux. Comme à l'aller, notre car, plein de jeunesse avale allègrement les kms d'autoroute : Florence, puis Bologne où nous prenons le 2ème chauffeur, la Suisse par le Saint- Gothard, Bâle et nous revoilà en France plus tôt que prévu sur l'aire de Charly- Oradour au petit matin après avoir pris un petit déjeuner succinct au restoroute de St- Avold... Une aventure différente de celle de Paris en 97, mais riche de découvertes, de rencontres, de témoins de la foi et une bonne cure d'amaigrissement aussi. Pas de regrets, vraiment pas! Frère Christian LEMAIRE.